Profil de la participante: Chantal Poitras - Aéroport international de Fredericton
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Profil de la participante: Chantal Poitras

Publié par :
1 / 28 / 2015

Le 23 mai prochain, 300 personnes courront sur la piste de l’Aéroport International de Fredericton pour supporter le travail de l’Association canadienne de la Santé Mentale du Nouveau Brunswick, de faire disparaitre la stigmatisation et pour assurer la sensibilisation à la santé mentale. Pourquoi le travail de l’Association est si important? Chantal Poitras nous partage son histoire.

Chantal PoitrasLa vie qui bascule, des émotions incontrôlables extrêmes, le sentiment de vide et les idées suicidaires quotidiennes qui me font honte, vivre sans savoir qu’est-ce que je pourrais faire le lendemain ou dans les cinq prochaines minutes, c’est comme être assis sur une bombe qui menace d’exploser chaque seconde. Voilà ma description de vivre avec un trouble de la personnalité limite (TPL). Une fois qu’on le sait, c’est un peu moins pire, mais, pour le savoir ça peut prendre du temps. Dans mon cas, il a fallu plusieurs années avant que je sache que j’avais un problème de santé mentale, que je comprenne que j’avais besoin d’aide et surtout où trouver cette aide. Un simple courriel de détresse lors d’une crise suicidaire a mis sur ma route une employée de l’Association canadienne de la santé mentale, un ange pour moi. Elle a défoncé des portes pour que je puisse avoir l’aide dont j’avais besoin, dans ma langue. Elle m’a mise en contact avec des spécialistes qui pouvaient m’aider à avoir une vie plus stable.

La route pour avoir une vie plus stable est longue, mais possible. Avec un diagnostic, il est possible d’avoir une thérapie adaptée à ses besoins. Dans mon cas, j’ai suivi une thérapie intensive pendant plus d’un an, et ça m’a changé. J’ai appris à prendre le contrôle de mes émotions, au lieu que celle-ci contrôle ma vie. J’ai aussi dû changer mon style de vie, avoir un horaire très strict, inclure une bonne alimentation et l’activité physique régulière. Pour réussir à aller de l’avant, et avoir moins d’idées suicidaires, je dois avoir des projets, des buts et des rêves.

La maladie mentale ne m’arrête pas, elle me pousse à me dépasser. En 2013, j’ai monté le Kilimandjaro, et mon prochain rêve est de courir le marathon sur la Muraille de Chine. Avoir des rêves comme ça fait que l’activité physique devient plus intéressante à pratiquer. Depuis trois ans, je fais de la course à pied avec le Running Room. Courir en groupe m’aide à ne pas me décourager, me motive à ne pas manquer d’entrainement, et m’a permis de me faire des nouveaux amis qui m’acceptent comme je suis.

En 2012, j’ai décidé de vivre ma maladie mentale au grand jour. Je suis devenue Visage de la maladie mentale pour une campagne nationale de sensibilisation aux maladies mentales. Ça été la meilleure décision que j’ai prise, parler ouvertement de mon problème de santé mentale m’a beaucoup aidé à l’accepter, et surtout à me libérer de tout ça et ne plus vivre dans la honte. J’ai eu aussi un énorme support des gens de mon entourage. Vivre avec une maladie mentale n’est pas un drame; ce n’est pas toujours drôle, il y aura toujours des hauts et des bas, mais c’est possible d’avoir une belle vie quand même.