YFC célèbre celles et ceux qui font son histoire depuis 75 ans
En 1951, un petit aéroport régional ouvrait ses portes à Lincoln, au Nouveau-Brunswick. Il comptait alors quatre employés, un Lockheed 10 de dix places et était principalement consacré au transport du courrier. Soixante-quinze ans plus tard, YFC accueille près de 400 000 passagers par an et s’appuie sur plus de 475 personnes qui assurent son fonctionnement au quotidien. L’aérogare a été agrandie à deux reprises et les pistes prolongées trois fois. À YFC, presque tout a changé. À peu de choses près. En ce mois de juin, nous célébrons à la fois la Journée des travailleurs aéroportuaires et le 75e anniversaire d’YFC en donnant la parole à quelques-unes des personnes qui ont largement contribué à écrire cette histoire.
Le premier visage de l’aéroport

Faye Downing a rejoint YFC en 1998 en tant que commis aux finances. Près de 28 ans plus tard, elle est assistante des opérations et figure parmi les toutes premières personnes que rencontre chaque nouvel employé.
Elle gère les laissez-passer ainsi que les clés donnant accès aux zones de sûreté de l’aéroport. Lors des campagnes de recrutement des compagnies aériennes, son bureau devient l’un des lieux les plus fréquentés de l’aérogare : chaque nouvelle recrue doit y obtenir son laissez-passer avant d’entrer en fonction. Au fil des années, Faye a ainsi vu défiler des centaines de nouveaux visages, dont elle se souvient, pour la plupart.
« Toute personne qui travaille ici doit d’abord passer par moi », explique-t-elle. « C’est ce que je préfère dans ce travail. »
Mais son engagement ne s’arrête pas au bureau des laissez-passer. Elle organise également des visites destinées aux écoles et aux associations locales afin de faire découvrir les coulisses de l’aéroport aux plus jeunes : la tour de contrôle, les différents véhicules qui circulent sur le tarmac et tout ce que le grand public ne voit jamais.
« C’est toujours un plaisir de découvrir l’aéroport à travers leur regard. Ils s’émerveillent de choses qui font partie de notre quotidien. »
Chacun voyage avec son histoire

À son retour au Nouveau-Brunswick, Rosey Peterson découvre une offre d’emploi à temps partiel comme agente de service clientèle (ASC) pour Air Canada à YFC. Elle se laisse tenter. C’était il y a 17 ans.
« J’adore rencontrer des personnes venues du monde entier », raconte-t-elle. « Chacun a son histoire, ses raisons de voyager, et j’aime les entendre. »
Au quotidien, Rosey enregistre les passagers, accueille les vols à leur arrivée, accompagne le débarquement, supervise l’embarquement et veille au bon déroulement du départ des appareils. En dix-sept ans, elle a vu la technologie transformer presque toutes ces étapes, depuis la réservation des billets jusqu’à l’embarquement. Les outils ont évolué et tout est devenu plus fluide, mais une chose, selon elle, n’a pratiquement pas changé : les échanges avec les voyageurs au comptoir.
Au fil des années, elle a noué de véritables liens avec des habitués qu’elle retrouve au gré de leurs voyages au départ d’YFC.
« Ce dont je suis la plus fière, ce sont les relations durables que j’ai tissées avec les passagers. »
Demandez à Rosey ce qui rend YFC si particulier et la réponse ne se fait pas attendre.
« C’est vraiment le fait que ce soit un petit aéroport. Et pour les passagers aussi. »
Comme dans une famille

Il y a vingt-deux ans, un ami apprend à Stacey Doak que l’aéroport recrute. Comme elle habite tout près, elle décide de tenter sa chance.
« La meilleure décision de ma vie », avoue-t-elle.
Stacey débute comme agente de contrôle de sûreté avant de devenir chef d’équipe. Depuis douze ans, elle est responsable de la formation des nouveaux agents de sûreté qui rejoignent les équipes d’YFC, un rôle qu’elle n’aurait jamais imaginé exercer.
« Je ne me serais jamais vue formatrice, mais aujourd’hui, c’est l’aspect de mon travail que je préfère. »
Son activité de formatrice l’a conduite dans des aéroports partout au Canada. Cette expérience n’a fait que renforcer sa conviction : YFC reste, de loin, son aéroport préféré. Et les voyageurs partagent souvent cet avis.
« J’ai entendu d’innombrables passagers dire qu’YFC est l’aéroport le plus chaleureux qu’ils aient fréquenté. C’est une immense fierté d’en faire partie. »
Selon elle, tout tient avant tout aux personnes qui y travaillent. L’aviation évolue en permanence et chacun sait s’adapter avec une remarquable souplesse. Stacey le constate chaque fois qu’elle accueille un nouvel employé. Après toutes ces années, ce sentiment d’appartenance demeure ce qu’elle apprécie le plus.
« Nous formons une grande famille. Certes parfois un peu chaotique, mais une vraie famille. »
Et elle ne changerait cela pour rien au monde.
« À l’aéroport, on n’a jamais le temps de s’ennuyer »

Animé depuis toujours par sa passion pour l’aviation, Alvin Nason a rejoint YFC en 1990, où il a commencé sa carrière dans l’entretien et la sécurité des pistes. Aujourd’hui directeur des opérations, il bénéficie d’un regard unique, fruit de plusieurs décennies d’expérience, qui lui a permis d’être le témoin privilégié de l’évolution de l’aéroport.
Il se souvient notamment de 2002, lorsque Sa Majesté la reine Élisabeth II est devenue la première souveraine à atterrir sur la piste 09-27 après son prolongement. La préparation de cette visite a mobilisé des équipes de sécurité locales, nationales et internationales dans le cadre d’une opération d’une ampleur exceptionnelle pour YFC.

Il n’a pas non plus oublié le jour où deux Antonov AN-124, parmi les plus gros avions-cargos du monde, se trouvaient simultanément au sol à YFC. Pour un aéroport régional du Nouveau-Brunswick, l’événement était tout simplement hors du commun.
Malgré tous ces changements, une chose n’a jamais varié pour Alvin. Et ce ne sont pas les avions.
« Si je suis toujours ici, c’est avant tout grâce aux personnes qui font vivre cet aéroport : les employés, les entreprises présentes sur le site et nos partenaires. Nous partageons tous la même passion et le même engagement en faveur de la sécurité du transport aérien. Et chaque journée apporte son lot de nouveautés. À l’aéroport, on n’a jamais le temps de s’ennuyer. »
En soixante-quinze ans, YFC est passé d’un petit aéroport régional à une véritable porte d’entrée pour des centaines de milliers de voyageurs chaque année. Les avions, les technologies et les installations ont profondément évolué, mais une chose est restée intacte : les femmes et les hommes qui donnent vie à l’aéroport demeurent, aujourd’hui encore, au cœur de son identité.